Fin de campagne affligeante

J’ai longuement réfléchi avant de me décider à poster ce billet d’humeur concernant les récents évènements relatifs à la campagne électorale pour les législatives.

Je suis en effet un peu écœuré de la tournure que prend cette campagne, et plus particulièrement de cet entre-deux tours où les vraies natures se sont fait jour. Pour ceux qui pouvaient être perplexes vis à vis de la politique, et qui ont peut-être grossi les rangs des abstentionnistes, le spectacle donné cette semaine n’est pas de nature à leur faire prendre le chemin des urnes dimanche prochain, et c’est très dommageable.

Nous sortons tout juste d’une présidentielle pendant laquelle, quoique qu’on puisse en penser, en dépit d’affrontements tout à fait normaux dans ce cas, et d’une bonne dose de mauvaise foi de part et d’autre, nous avions quand même l’impression de forger notre opinion, programme contre programme et candidat contre candidat, chacun ayant à cœur de défendre sa vision d’avenir pour gouverner la France. Dans une moindre mesure, ce fût aussi le cas pour le premier tour des législatives, bien que l’on ait commencé à voir poindre les stratégies d’appareils des différents partis et les candidatures un peu hors normes qui ont focalisé inutilement l’attention des médias (je pense en particulier à Hénin-Beaumont et La Rochelle avec leurs lots de coups bas ou tordus, mais il y en a eu d’autres et pas plus glorieuses).

Tout ceci n’était rien en regard des 4 jours que nous venons de passer depuis dimanche dernier à 20 h. Les vraies natures se sont révélées, et cette fois-ci il ne s’agissait plus d’argumenter pour un objectif, un programme, une vision d’avenir. Non l’artillerie lourde est sortie pour « flinguer » les adversaires avec un langage, parfois aux allures guerrières, qui n’honore pas leurs auteurs. Nadine Morano a été la première à ouvrir la « boîte de Pandore » dans son intervention de dimanche soir. En dépit des mines gênées des caciques de l’UMP invités sur les plateaux de télévision, nous avons bien compris que la chasse aux électeurs du FN était lancée. Guère plus tard, Alain Juppé et Claude Guéant donnaient d’ailleurs le ton en théorisant la stratégie du « ni-ni ».

De son côté le FN jubilait et, dès le lendemain, la fameuse liste noire apparaissait à nouveau. Marine Le Pen distribuait les bons et les mauvais points, indiquant qui il fallait épargner (par exemple Jean-François Copé) et qui il fallait carrément abattre (par exemple NKM), un peu comme un « parrain » qui désigne les gens « qui ont mal parlé de la famille« .

A gauche, emballés par leur confortable avance, et certainement soulagés de voir les ministres confortés, sinon en bonne voie de l’être, le mot d’ordre était le « front républicain » consistant à tout engager pour faire barrage au FN. Cela n’a pas duré longtemps et les déclarations d’intentions de Solférino n’ont pas été toutes du goût des candidats sur le terrain. Du coup c’est désormais la cacophonie.

Enfin, cerise sur le gâteau, le psychodrame que l’on sentait venir de La Rochelle a fini par éclater et là, le PS nous a donné un bien triste spectacle. Ségolène Royal, avec le culot monstre qu’on lui connait, a été semble-t-il bien mal inspirée de s’imposer contre le régional de l’étape (et le PS également en la soutenant) d’autant plus que celui-ci faisait partie des proches de François Hollande. A n’y rien comprendre. Tout ceci n’honore pas la politique, mais au contraire la décrédibilise encore davantage.

Pour terminer, chantilly sur la cerise du gâteau, voici que la compagne du Président s’y met en prenant carrément le parti d’Olivier Falorni à La Rochelle contre l’ex de son compagnon, lequel venait pourtant de se fendre d’un mot de soutien…! Cherchez l’erreur !

Sur le fond je ne lui donne pas vraiment tort, sauf si ceci est piloté par une vieille rancune entre femmes, auquel cas ce ne serait pas glorieux. C’est sur la forme que Valérie Trierweiller est beaucoup plus critiquable. Pour commencer, pourquoi ne pas lui avoir adressé tout simplement un mail d’encouragement, lequel aurait gardé le caractère privé plutôt que de confier ses états d’âme à Twitter ? Pour quelqu’un de ce rang, et rompue aux arcanes de la communication, on ne me fera pas croire que c’est une bourde, le but était bien de mettre le bazar en prenant le risque évident de mettre le Président en difficulté et d’écorner l’image qu’il s’efforce de donner, en creux de celle de son prédécesseur. C’est raté…!

Pour plagier le gros titre du Canard Enchaîné d’hier : « Hollande ne s’attendait pas à une compagne si agitée ! »

Tout ceci est affligeant. Entre une droite républicaine qui est prête à vendre son âme et une gauche socialiste qui retombe aussi facilement (et aussi rapidement) dans de telles pratiques, incohérentes et désordonnées, on finirait par trouver du charme à François Bayrou avec son humanisme désuet et utopique.

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