Ferrari 250 GTO – une quinquagénaire pleine de charme

Cela faisait longtemps que je n’avais pas proposé d’article dans cette rubrique consacrée aux modèles réduits d’automobiles, et plus particulièrement aux Ferrari.

En effet, après un départ « sur les chapeaux de roues » (si j’ose dire… 😀 ), où je vous ai présenté mes petites protégées à l’échelle 1/18ème, puis plus précisément deux d’entre-elles, (330-P4 et 412-P), je me suis ensuite laissé embarquer par l’actualité 😉 et me suis consacré à d’autres sujets.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire et j’ai donc choisi de vous parler aujourd’hui de la voiture qui est certainement l’une des plus mythiques parmi toutes les Ferrari, la 250-GTO, laquelle a vu le jour en 1962, et qui fête donc son cinquantième anniversaire cette année .

Quand on dit « la GTO« , on pense fatalement à cette 250 du début des années soixante, bien que cette appellation ait été attribuée par la suite à quelques autres modèles de la marque. Cela signifiait « Gran Turismo Omologato ». Le préfixe numérique, comme cela était l’usage chez Ferrari à l’époque, indiquait la cylindrée unitaire. Le moteur étant un 12 cylindres en V, il s’agissait donc d’un 3 litres de cylindrée. Ce dernier, issu du célèbre moteur Colombo (du nom de l’ingénieur concepteur) qui équipait les Testa-Rossa depuis le milieu des années 50, développait environ 300 ch à 7500 t/mn.

La conception initiale de cette voiture s’est déroulée, dès 1960, sous la direction de Carlo Chiti et Giotto Bizzarrini. Ceux-ci ayant claqué la porte de Maranello (1), c’est à un tout jeune ingénieur de 27 ans, Mauro Forghieri, que fut confiée la conduite de la suite du projet.

Pour sa part, la superbe carrosserie était signée de Scaglietti. On a du mal à imaginer qu’une telle silhouette puisse remonter à un demi-siècle ! Elle était entièrement en aluminium et montée sur un châssis tubulaire hérité de la non moins célèbre 250 GT SWB (dont je vous parlerai un de ces jours également). Elle était dotée d’une boîte à 5 rapports, de freins à disques, de suspensions indépendantes à l’avant et d’un pont rigide à l’arrière, suspendu par des ressorts à lames elliptiques. Le tout ne dépassait pas les 900 kg, ce qui lui permettait des performances étonnantes pour l’époque, avec des vitesses de pointe qui frôlaient les 280 km/h.

L’arrivée en compétition d’un tel chef-d’œuvre fut un coup de tonnerre. Les GTO ont raflé bon nombre de victoires dans leur catégorie GT, que ce soit dans des courses sur circuits comme ceux du Mans, de Sebring, de Monza, de Daytona ou du Nürburgring, que dans des classiques comme la Targa Florio, le Tour de France ou les Tourist Trophy.

Les GTO ont été construites en seulement 36 exemplaires (2), tous répertoriés, et pour la plupart encore en parfait état de marche, aux mains de riches collectionneurs, dont certains les font rouler régulièrement, voire même les engagent dans des courses réservées aux  véhicules de cette époque telles que Le Mans Classic (3).

A partir de 1964, quelques exemplaires ont été construits avec une carrosserie légèrement différente, destinée à améliorer l’aérodynamique, et dont la poupe préfigurait la future 250 LM (voir ci-contre).

 

Ferrari 250 GTO - modèle Kyosho

Le modèle réduit qui est en ma possession (voir photo ci-contre) est de la marque Kyosho (4). Il s’agit d’un fabricant de milieu de gamme mais qui produit de très honnêtes reproductions, et pour des tarifs encore abordables pour un passionné ;-). Ce modèle est d’une excellente facture, tout y est reproduit avec précision et souci de réalisme. Le petit diaporama ci-dessous vous permettra de vous faire une idée.

 

Par curiosité vous pourrez comparer avec les photos du diaporama précédent, lequel montre un modèle similaire, et bien réel celui-là.

Il s’agit de la réplique au 1/18ème de la voiture qui remporta, avec le n° 19,  la 2ème place du classement général, et la 1ère place dans la catégorie GT, aux 24 h du Mans de 1962. Elle était pilotée par Jean Guichet et Pierre Noblet .

Sur cette voiture, des adaptations de carrosserie avaient été apportées par rapport à l’original. En particulier on y trouve une sorte de « tunnel », connecté sur la prise d’air gauche du haut du capot, le tout agrémenté d’un déflecteur en plexiglas dont le rôle reste à élucider. L’autre particularité concernait des grilles apposées sur les énormes ouvertures des ailes arrières, destinées à refroidir les freins.

La photo ci-contre montre cette voiture lors de la course elle-même. On y devine les adaptations évoquées précédemment mais celles-ci sont mieux visibles sur le diaporama du modèle réduit.

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Notes :

(1) Enzo Ferrari, qui n’avait aucun diplôme de mécanique automobile, nourrissait de la méfiance vis à vis de ses ingénieurs, à qui il comptait pourtant bien imposer ses visions relatives aux voitures qu’il souhaitait construire. Le schisme avec Carlo Chiti, et quelques autres dans la foulée, était en grande partie dû à des divergences de vue d’ordre technique et stratégique. Il n’est pas impossible également que l’omniprésence trop forte de l’épouse d’Enzo dans le bureau d’étude ait quelque peu agacé les ingénieurs.
(2) En fait l’homologation de cette voiture en GT est une imposture. En effet, le règlement de la fédération internationale imposait que le véhicule ait été produit en au minimum 100 exemplaires. Enzo Ferrari, avec son sens de la « combinazzione » a réussi à faire passer que la GTO n’était, ni plus ni moins, qu’une évolution à la marge de la 250 GT SWB (dite « Passo Corto »). Si la GTO empruntait bien à la SWB son châssis, il s’agissait quand même par ailleurs d’une voiture bien différente…!
(3) Cette course a lieu tous les deux ans et réunit un public nombreux. Cette année anniversaire de la 250 GTO va être l’occasion d’un « plateau » spécial dans lequel vont être présentés, en action sur la piste, pas moins de 23 exemplaires de ce modèle.
(4) Les leaders en termes de qualité de reproduction sont, dans l’ordre décroissant BBR, CMC et GMP, lesquels pratiquent en revanche des tarifs bien plus dissuasifs…!
 

Références :

Cet article n’a aucune prétention d’exhaustivité, loin de là. En effet le mythe 250 GTO étant ce qu’il est, il existe une documentation pléthorique sur le sujet. Je ne me suis intéressé qu’à quelques sites ou revues (voir liste ci-après).
Pour celles/ceux qui voudraient en savoir davantage, qu’ils sachent qu’ils vont trouver une grande quantité d’ouvrages ou de sites internet qui traitent du sujet. Il suffira de taper « Ferrari 250 GTO » dans un moteur de recherche quelconque pour s’en convaincre.
 
– Pour commencer, il existe un très bon article dans Wikipédia qui permet d’avoir une vue assez complète.
– Ensuite je me suis beaucoup appuyé sur deux numéros de revues récemment publiées. Il s’agit du n° de janvier de Rétro-viseur et du n° de juin de Auto Collector.
J’ai également dans ma bibliothèque quelques beaux livres consacrés à Ferrari, lesquels m’ont également apporté pas mal d’informations.
– Une partie des illustrations me viennent du blog Dark Cars.
– Enfin le site de Forza Rossa comporte un grand nombre d’illustrations intéressantes.
 
 
Pour terminer, j’ai encore le souvenir d’avoir vu de près deux GTO, une première fois lors d’une course qui s’est déroulée sur le circuit de Charade, près de Clermont-Ferrand, et une seconde fois lors d’une édition de la course de côte du Mont-Dore.

 

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Une réponse à Ferrari 250 GTO – une quinquagénaire pleine de charme

  1. Gilles dit :

    Voici cinq ans que cet article a été écrit. Cette année, la GTO fête son 55ème anniversaire et, comme d’habitude, les propriétaires de ces petites merveilles des années 60 sont conviés à un rallye dans les collines de Toscane et d’Emilie. Je vous conseille vivement d’aller voir le très beau reportage photo qu’en a réalisé mon ami Etienne Vanaret dans cet album. Si vous souhaitez en savoir plus sur chacun des modèles présents à cette manifestation, ne manquez pas cet autre reportage réalisé par Nicolas Jeannier sur son site Arthomobiles.

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