Devinette de l’été – La solution !

Vous avez été quelques-un(e)s à répondre aux questions posées à propos d’un curieux édifice dont je vous avais fourni quelques clichés. Pour la plupart, les réponses étaient un peu farfelues, mais sachez qu’elles m’ont quand même bien fait rire… 😀

Comme annoncé, il est temps de vous fournir la solution  selon la classification dite du QQOQCP (pour Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi).

Je vais donc répondre sur ces différents points mais pas forcément dans cet ordre.

De Quoi s’agit-il donc ? Et bien il s’agit d’un puits aérien. Étonnant, non ? En général, quand on parle de puits, on imagine un grand trou qui s’enfonce dans la terre pour aller y chercher l’eau qui s’y trouve. Ici, c’est le contraire !

Mais alliez-vous me dire ? Pourquoi ? Le principe est toujours de capter de l’eau, mais cette fois-ci dans l’atmosphère, laquelle en contient beaucoup. L’idée n’est pas nouvelle et depuis très longtemps les hommes ont tenté de récupérer les eaux de condensation, voire de forcer cette condensation.

Qui a réalisé ce système ? Il s’agit d’un ingénieur d’origine Belge nomme Achille Knapen qui s’était rendu célèbre en son temps par l’invention d’un système destiné à capter l’eau dans les matériaux poreux. Ceci a permis de conserver, et d’assainir les habitations.

C’est ainsi que son invention a fait le tour du Monde et a permis de sauver nombre de bâtiments célèbres en permettant ainsi de récupérer l’eau contenue dans les murs et à l’évacuer par un échange avec l’air. Ce principe est toujours utilisé dans la construction des bâtiments et il est connu sous le nom de procédé Knapen ou encore de siphon atmosphérique Knapen.

Achille Knapen est né en 1861 et il mourût, à l’âge de 80 ans, en 1941.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Sans entrer dans les détails,  Achille Knapen a pensé que le mécanisme utilisé pour son procédé de récupération de l’eau des murs pouvait être inversé, c’est-à-dire capter l’humidité de l’air pour la condenser et la remettre à l’état liquide dans des corps poreux. Pour cela il eut donc l’idée de construire cet édifice de 12 m de diamètre et de 13 m de hauteur.

  • La nuit l’air froid pénètre dans le tube métallique central. Il remonte ensuite par le vide annulaire qui entoure ce tube, glisse le long de la masse externe en béton et sort par les orifices inférieurs de la cloche.
  • Le jour, l’air pénètre par les orifices supérieurs de l’enveloppe, il arrive au contact de la masse interne à basse température, se refroidit, dépose une partie de son humidité et s’échappe par les ouvertures inférieures. Les gouttelettes formées à l’intérieur du condenseur tombent sur le plancher et elles sont conduites par des rigoles dans une citerne enterrée.

Le principe était toutefois basé sur des conditions climatiques particulières, et plus précisément sur une amplitude thermique suffisante, chose qui est souvent constatée dans certaines zones désertiques d’Europe de l’est, d’Asie ou d’Afrique. L’idée de M. Knapen était justement de réaliser de tels puits pour ces régions qui manquent cruellement d’eau potable.

se situe ce mystérieux puits. C’est à Trans en Provence dans le Var. Non loin de Draguignan. C’est ici que Achille Knapen pensait trouver les conditions climatiques optimales pour expérimenter son invention. Il avait été auparavant inspiré par le climatologue Français Léon Chaptal qui avait mené des expériences en ce sens à Montpellier.

De Quand date ce puits ? Achille Knapen s’installa à Trans en Provence vers 1930 et commença donc à construire son puits. Les conditions climatiques n’étant pas tout à fait celles qu’il espérait (1), les rendements se sont montrés très décevants, à peine quelques dizaines de litres les meilleurs jours.

En savoir davantage :

Si vous souhaitez mieux comprendre le procédé imaginé par Knapen, connaitre les caractéristiques de son puits, en savoir plus sur la région de Trans en Provence, etc. je vous recommande les sites suivants :

Enfin, si vous avez la curiosité d’aller sur les traces d’Achille Knapen à Trans en Provence, profitez-en pour visiter cette superbe région entre le massif des Maures et les contreforts du Verdon (voir mes albums de photos sur Picasa). Par la même occasion, n’oubliez pas d’aller déguster les vins de la région dont j’ai déjà parlé dans un article précédent… 🙂

Pour terminer, sachez que vous aviez une partie de la réponse dans mon blog et plus précisément dans un de mes albums photo sur la région de Draguignan… Dommage ! :-[

Notes :

(1) A l’époque il ne disposait pas d’un service météorologique comme Météo-France pour lui réaliser une étude de site… 😉

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2 réponses à Devinette de l’été – La solution !

  1. béatrice dit :

    Belle idée que cette machine à condenser.
    Ca me rappelle certaines expériences en cours en Afrique (cadre associatif humanitaire ou pas, je ne sais plus), avec la pose d’un film plastic sur les toitures, pour récupérer l’eau de condensation de la nuit.
    béatrice

    • Gilles dit :

      En effet, il existe de nombreuses expériences de par le Monde, dont certaines ont eu davantage d’efficacité que celle du pauvre docteur Knapen dans les années 30 :-(.
      Son idée était bonne et je crois que le principe a été utilisé avec succès, après diverses améliorations, au Sahara et dans d’autres déserts de la planète.

      Dans un domaine connexe, je me souviens avoir vu un documentaire TV qui montrait d’immenses filets posés sur les flans ouest de la cordillère des Andes (Chili) et qui permettaient d’alimenter en eau les populations situées dans les localités proches.
      Dans ce cas il s’agissait surtout de capter l’eau liquide des nuages et brouillards venus du Pacifique. Il me semble qu’il existe des expérimentations similaires aux États-Unis sur la côte Ouest.

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