L’exil fiscal de Depardieu

Décidément, l’actualité nous apporte régulièrement l’occasion de nous distraire.

Ainsi donc, après le grand numéro des duettistes de l’UMP (Copé et Fillon) en quête d’un fauteuil de Président, et à propos duquel j’ai eu l’occasion de m’exprimer à plusieurs reprises, nous avons eu en intermède la prestation remarquée de notre Ministre du Redressement Productif qui nous a montré ses muscles. On allait voir ce qu’on allait voir, face à ce petit effronté de Lakshmi Mittal, que nous allions bouter hors de nos frontières. Pas de chance ce dernier a quand même fini par faire passer l’essentiel de sa stratégie et il doit bien rigoler dans son loft Londonien en pensant à ce « Don Quichotte en marinière de luxe, made in France ».

Aujourd’hui, le grand sujet, c’est le cas Depardieu. Ah ! voilà une affaire de la plus haute importance. D’ici à ce que nous en soyons contraints de rompre nos relations diploma-tiques avec le royaume de Belgique, il n’y a pas loin… 😀

Personnellement, je pense qu’on ne devrait pas y accorder autant d’importance et se dire, selon la formule populaire consacrée, qu’il « faut le prendre de la part de qui cela vient ». En effet, si Gérard Depardieu fût une bon acteur (l’est-il encore ?), que j’ai pu apprécier dans un certain nombre de films, le personnage en lui-même n’est pas une référence et il n’a jamais brillé par la finesse de ses propos. Depuis quelques temps, la célébrité lui montant à la tête, à moins que ce soit le pinard de ses vignes 😉 , il s’est illustré à plusieurs reprises par des comportements pas très glorieux.

Même si je suis convaincu qu’il vaut mieux éviter de prononcer « les mots qui fâchent », je trouve la formule de Jean-Marc Ayrault assez pertinente lorsqu’il a dit que le compor-tement de Depardieu, parti s’exiler juste derrière la frontière, avait un côté assez « minable ».

Gérard Depardieu a semble-t-il mal pris le propos, soutenu en cela par un certain nombre de caciques de l’UMP qui se sont empressés de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une grave insulte. C’est vite oublier que, lors de la campagne pour les présidentielles de 2007, Depardieu avait dit que, en dehors de Sarkozy, les autres étaient tous « ridicules ». Amabilité pour amabilité…

Enfin, dans sa lettre ouverte au Premier Ministre, Depardieu se permet de dire qu’il « rend sa sécurité sociale dont il ne s’est jamais servi ». A supposer qu’il ait donc eu les moyens pour financer intégralement son quintuple pontage coronarien, ce qui resterait à confirmer, ceci n’est pas une raison pour dénigrer une couverture sociale pour celles et ceux qui n’ont pas les mêmes moyens que lui. Il me semble qu’il a un peu vite oublié ses origines plus que modestes et qu’il pourrait faire preuve de davantage de retenue.

En conclusion, Monsieur Depardieu, sachez que l’argent ne rend pas intelligent et que vous venez d’en fournir, si besoin était, l’éclatante démonstration.

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En savoir plus ? Consultez la fiche de Gérard Depardieu sur Wikipédia.

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2 réponses à L’exil fiscal de Depardieu

  1. Gilles dit :

    Suite aux derniers développements de ce que l’on pourrait appeler « l’affaire Depardieu » et de sa prochaine nationalité Russe consécutive à son premier exil en Belgique, je serais tenté d’utiliser la célèbre réplique des « Tontons Flingueurs » :
    Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait !
    Je trouve que ceci s’applique parfaitement à ce triste personnage qui a bien profité du système pendant des dizaines d’années avec l’argent du contribuable pour financer le cinéma Français auquel il doit beaucoup.

  2. Véro de Moulidars sur Chats dit :

    Sur le sujet, mais quand même un peu hors sujet, je vais y aller de ma petite citation.

    Sur Canal + lors de cet évènement qui secouait la France, Jamel Debouze à qui on demandait ce qu’il pensait du départ d’Obélix pour la Belgique , il répondit :
    « reviens Gérard, qu’est ce qu’ils vont faire de tout ce cholestérol en Belgique ! »
    Evidemment une fois en Russie ce n’était plus le cholestérol la préoccupation mais le taux d’alcoolémie !

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