Température ressentie, De quoi s’agit-il ?

Par ces temps de frimas, vous avez certainement remarqué que les médias parlent souvent de « température ressentie », cette dernière étant plus basse que la température ambiante dite « température sous abri » (voir définition).

Ceci fait référence à une constatation simple que chacun d’entre-nous a pu faire. Quand nous nous déplaçons rapidement (en vélo, moto, etc.) nous ressentons le froid de manière plus vive que lorsque nous ne bougeons pas. Il en est de même lorsque le vent est fort.

Le principe dit de « température ressentie » tente donc de donner une équivalence consistant à dire, par exemple, que si demain il va faire -1°C le matin, mais avec un vent de 10 km/h, le corps devrait avoir l’impres-sion qu’il fait -5°C et le soir, bien qu’il fasse 6°C, nous le ressentirions comme une température de l’ordre de 3°C (cf. illus-tration ci-contre issue du site de Météo-France).

On voit donc qu’il s’agit d’une notion très empirique et qu’en dépit des études scientifiques qui on pu être faites sur le sujet, cette température virtuelle dépend très largement de paramètres physiologiques propres à chaque individu.

En effet, du fait du métabolisme interne, l’être humain génère une couche d’air à la surface de la peau qui sert d’isolant pour le reste du corps. S’il y a du vent, par effet de convection, cette couche disparaît plus ou moins rendant ainsi le corps plus vulnérable au froid environnant.

L’origine de ce concept remonte au début des années 40 où des militaires Américains ont définis ce qu’ils ont appelé le « refroidissement éolien » (wind chill) dans le cadre d’expé-riences en Antarctique. Par la suite cette température a été plus ou moins utilisée par les services météorologiques nationaux, et en particulier par ceux des Etats-Unis et du Canada.

Au début des années 2000, des études complémentaires ont été menées au Canada afin de rendre ce paramètre empirique plus proche de la réalité. Des formules ont été élaborées mais le référentiel le plus pratique est une table de conversion élaborée par le service météorologique Canadien. Pour tous les détails, consultez l’article que Wikipédia consacre à ce sujet.

En France, ce paramètre a commencé à être utilisé par Météo-France en 2000 à l’occasion de la mise en oeuvre des cartes de vigilance et en particulier pour les situations de grands froid en relation avec l’INVS. Par la suite ceci a été de plus en plus médiatisé au point que certains médias utilisent la température ressentie sans le préciser, laissant entendre, par exemple, au public qu’il va faire -20°C alors que la température réellement mesurée ne sera que de -10°C ce qui permet d’entretenir la confusion : « Tu sais demain il va faire -20°, ils l’on dit sur Bidul-TV. Ah bon ! moi sur TV-Choz ils parlaient de -10°. Bof, m’étonnent pas, pas un pour racheter l’autre, ils sont pas fichus de prévoir le temps correctement ! ». 😀

Plus sérieusement, sous le titre « La température ressentie rend le froid spectaculaire », un article du Monde de février 2012 montre bien les dérives d’interprétation de ce paramètre et de son utilisation médiatique qui peut faire virer au sensationnel une situation qui ne l’est pas forcément.

Il n’en reste pas moins que l’on ressent davantage le froid quand il y du vent que quand il n’y en a pas…! 😉

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Une réponse à Température ressentie, De quoi s’agit-il ?

  1. Antoine dit :

    En effet c’est un peu « marketing » pour les bulletins météo, comme tu dis c’est plus sensationnaliste… Mais en effet, quand il vente, on ressent plus le froid, je m’e suis bien rendu compte hier en rentrant du bois !!

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