Ferrari 412-P NART – Le Mans 1967

Les étagères de la bibliothèque du salon hébergent dorénavant une nouvelle locataire. En voici son pedigree et quelques clichés (cliquez sur les images pour les agrandir).

Il s’agit à nouveau d’une Ferrari (cela ne devrait pas vous étonner !) dénommée 412 P. Ce modèle, du milieu des années 60, est une version « client » de la célèbre 330 P4, laquelle a en particulier brillé lors des 24 heures de Daytona Beach (Floride) en 1967, remportant les 3 premières places au nez et à la barbe des régionales de l’étape, les Ford GT-40 pourtant bien plus puissantes. En revanche les P4 n’ont jamais réussi à remporter les 24 heures du Mans et ont toujours dû se contenter de places secondaires.

Ainsi donc cette 412 P reprend en grande partie le châssis, et la carrosserie, des 330 P3 et/ou P4 avec toutefois des différences, ici et là. La plus importante n’était pas visible et concernait le moteur, lequel était toujours le bloc 12 cylindres en V de 4 litres de cylindrée (420 Ch) mais doté d’un système d’alimentation classique à 6 carburateurs Weber au lieu du système à injection Lucas que Ferrari gardait jalousement pour ses voitures « usine » afin de leur donner un avantage de puissance dans les compétitions (Enzo Ferrari n’était pas un philanthrope !).

Au passage, pourquoi ce changement de dénomination ? Jusqu’aux années 70 Ferrari désignait en général ses modèles par la cylindrée unitaire ainsi 330 signifiait 330 cm3 par cylindre soit 4 litres au total pour un 12 cylindres. Suivait une lettre pour indiquer le type (GT, P pour prototype, etc. suivi éventuellement d’une autre lettre). Ensuite s’est instaurée une autre méthode en indiquant la cylindrée totale et le nombre de cylindres, comme ici avec 412, pour 4 litres 12 cylindres. Toutefois, ceci n’a pas toujours été scrupuleusement suivi.

Le modèle en question, sur les photos ci-contre, est en fait un châssis/carrosserie (n° 0844) de l’une des 3 victorieuses de Daytona laquelle a été vendue à l’écurie du North American Racing Team (NART) qui était alors l’une des écurie les plus importantes de l’époque, avec l’écurie Gulf qui opérait pour sa part dans le camp adverse des Ford.

Elle avait été reconditionnée avec un nouveau moteur et des adaptations variées sur la carrosserie. Plus précisément, celle-ci est dans sa configuration des 24 heures du Mans en juin 1967 avec, à son volant, Pedro Rodriguez et Giancarlo Baghetti.

Après une première partie de course durant laquelle les Ferrari sont allées jusqu’à mettre le doute dans le camp des Ford, cette 412 P fût victime d’un incident mécanique majeur à la 15ème heure (piston perforé à cause de segments mal dimensionnés).

Les Ferrari n’ont pu remporter l’épreuve mais remportaient toutefois les 2nd et 3ème places avec deux P4.

Il n’empêche que cette voiture de l’écurie NART est restée l’une des icônes mythiques de la « Ferrarimania ».

A titre de comparaison voici à quoi ressemblait une P4 « usine ». Elle est ici en version Spyder (habitacle découvert), dans sa livrée rouge, et il s’agit plus particulièrement de celle qui a remporté la seconde place des 6 heures de Brands Hatch (Angleterre) en 1967, pilotée par Jackie Stewart et Chris Amon (derrière une Chaparral). Vous remarquerez en effet que le moteur est assez différent d’apparence de celui de la 412.

La fin des années 60 a marqué la disparition des P4, lesquelles étaient pourtant technologiquement en avance et promises à un bel avenir. En effet la réglementation a imposé des changements de cylindrée en la limitant à 3 litres. Sont apparues alors les fameuses 312 P ou PB.

A suivre…

PS. Ces modèles au 1/18 ème sont produits par GMP, une société américaine. Toutefois, comme les concurrents BBR ou CMC par exemple, la fabrication est réalisée en Chine.

— 0 —

A lire également :

Ce contenu a été publié dans auto-rétro, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *