Chronique cinéma 2013-4

Ce mois d’avril a été relativement propice en termes quantitatifs avec 11 films parmi lesquels j’ai pu en apprécier quelques bons (6) dont 4 que je considère comme excellents.

Parmi les 5 autres, 4 sont tout à fait corrects mais sans plus, et un seul me parait vraiment médiocre (pour ne pas dire moins).

Pour mémoire, les chroniques des mois précédents ainsi que le récapitulatif 2012 sont consultables en suivant ce lien.

La signalétique, sur une échelle de 1 à 5, du meilleur au pire soit :  😀  🙂  😐  🙁  😡

  • La Taupe 😐 Dans les années 70, aux services secrets Britanniques (MI16), suite à une opération ratée Smiley et son supérieur sont limogés. Rapidement, le MI16 soupçonne qu’un agent double se cache et son sein et il est fait à nouveau appel à Smiley pour une mission secrète. Ce dernier découvre alors, d’une part que son supérieur (qui est mort entre temps) désignait les membres du groupe de ses collaborateurs, dont Smiley lui-même, parmi les suspects et, d’autre part qu’un ancien espion Russe, Karla, avec qui il avait eu à aire dans le passé, pourrait bien se trouver à nouveau dans le circuit. Ce film, qui a recueilli de très bonnes critiques de la part de la presse, est l’adaptation d’un livre de John Le Carré extrait de sa célèbre « Trilogie de Karla ». L’ambiance pesante et feutrée de cet après guerre froide qui continue à agiter les services secrets y est parfaitement bien rendue. De même, on ne passe pas à côté de l’ambiance très « British » des agents de sa majesté, ni de la tristesse des lieux, comme dans les anciens films d’espionnage de ma jeunesse. Ceci étant, en dépit d’un intrigue bien montée et d’acteurs impeccables, tout ceci est bien trop lent et finirait par devenir soporifique pour qui n’est pas particulièrement au fait de la géopolitique de l’époque. Peut-être faudrait-il le voir une seconde fois pour en saisir toutes les finesses ? Plus de détails sur AlloCiné.
  • PossessionS 😀 Le couple Caron, Marilyne et Bruno, décident de quitter leur région du Nord pour s’installer dans une station de sport d’hiver où ils ont loué un chalet à un couple de promoteurs immobilier, les Castang. Dès leur arrivée ils sont plutôt bien reçus mais le chalet en question n’étant pas encore terminé, ils sont logés dans un autre de plus haut standing. Bruno a du travail dans un garage proche et par ailleurs les Castang proposent à Marilyne de travailler chez eux pour y faire le ménage. Tout semble bien se profiler mais petit à petit l’ambiance se dégrade du fait qu’il sont régulièrement relogés, ici où là, et toujours dans des logements moins confortables. Une rancœur, puis une haine sourde à l’égard de leurs propriétaires commencent à monter chez les Caron, lesquels sont par ailleurs obsédés par la richesse qui les entourent, en regard avec leur situation qui est on ne peut plus modeste. Ce film est une libre adaptation du fait divers sanglant qui s’est déroulé en 2003 au Grand Bornand et qui a été souvent désigné par l’affaire Flactif, du nom des victimes. Si ce film ne relatait pas une histoire aussi sordide on aurait pu l’intituler « Les beaufs à la montagne » ou encore « les Chtis chez les riches ». En fait, en le regardant on a pas trop envie de rire. En effet c’est la chronique d’une plongée vertigineuse et terrifiante dans la folie meurtrière de ces deux là, et de leurs amis qui ne valent guère mieux. Mais d’autre part, c’est aussi une bonne analyse de ces fractures sociétales qui font que l’inégalité de répartition des richesses peut engendrer des comportements extrêmes chez certains. C’est toute la nature humaine « d’animal pensant » qui est disséquée ici. Jérémie Rénier et Julie Depardieu sont excellents et font froid dans le dos dans leurs interprétations respectives des époux Caron. Plus de détails sur AlloCiné.
  • Juno. 😐 C’est l’histoire d’une adolescente, Juno, qui a son franc parler et qui ne s’embarrasse pas avec les conventions. Dans le tourbillon de la vie de cette toute jeune fille, la voici qui tombe enceinte. Après avoir un peu hésité, soutenue par son père et sa belle-mère, elle décide de garder l’enfant et de lui chercher des parents adoptifs. Au travers des petites annonces elle trouve Vanessa et Mark qui lui paraissent tout à fait convenir pour prendre soin du petit qu’elle porte. Très impliquée dans son rôle, et très présente auprès des parents adoptants, elle tombe de haut quand elle apprend que Mark et Vanessa se séparent. Cela va être pour Juno le moment de « devenir grande » et de prendre son destin en main. Ce film m’ayant été recommandé par des proches, et connaissant par ailleurs Jason Reitman pour « In the air » ou « Thank you for smoking », j’ai été un peu surpris et déçu à la fois.  En effet je ne l’imaginais pas dans un tel registre. Juno est en fait une petite comédie bien sympathique et pleine d’optimisme mais ceci s’arrête là. Contrairement à ce que certains on cru voir, je n’y ai pas décelé un quelconque message sociologique. Plus de détails sur AlloCiné.
  • Margin call. 😀 Nous sommes dans une grande banque d’affaire New-Yorkaise. Un jeune employé du service d’analyse des risques est amené à prendre connaissance d’un dossier que son supérieur lui transmet discrètement avant de se faire virer sans ménagement. Il se rend alors compte que la banque dispose d’actifs suspects dont la « volatilité » atteint des sommets et qui vont provoquer à coup sûr la chute de l’établissement. Un marathon de 24 heurs s’engage alors pour vendre à tout prix ces actifs pourris afin de sauver la peau de la banque, et de quelques rares cadres dirigeants cyniques et sans scrupules, quitte à en ruiner d’autres. Vous avez compris que cette fiction évoque la terrible crise financière de 2008 et la chute de la banque Lehmann Brothers, même s’il ne s’agit que d’une fiction et pas d’une reconstitution de faits réels. Ce film est passionnant de bout en bout. On y côtoie avec effarement tous ces personnages cupides et sans états d’âme qui ne cherchent qu’à s’en tirer, quels qu’en soient le prix ou la méthode. Même ceux qui pouvaient nous paraître plus ou moins sympathiques au début le sont bien moins au bout du compte. Les acteurs sont particulièrement convaincants. A voir absolument. Plus de détails sur AlloCiné.
  • Monsieur Hire. 😀 Monsieur Hire est un curieux personnage, misanthrope et détesté de ses voisins, qui se plait à observer discrètement de sa fenêtre la jeune voisine d’en face, Alice. Une jeune femme venant d’être assassinée, le commissaire de police chargé de l’affaire suspecte fortement Mr Hire. De son côté, Alice se rendant compte qu’elle est observée, décide de se rapprocher de Mr Hire afin de le séduire. Celui-ci, pourtant secrètement fou amoureux d’elle, comprend qu’Alice cherche autre chose au travers de son numéro de séduction et que son but est peut-être de couvrir son amant, lequel a quelque-chose à voir avec l’assassinat. Avec cette adaptation d’un roman de Simenon, Patrice Leconte signe une oeuvre de grande classe soutenue, qui plus est, par deux grands comédiens. Michel Blanc est poignant dans le rôle d’un Monsieur Hire rongé par sa solitude et l’amour qu’il a pour Alice. Pour sa part, Sandrine Bonnaire est étonnante dans l’incarnation de cette femme machiavélique dont on se demande jusqu’à la fin quelle est la véritable nature de ses sentiments. Plus de détails sur AlloCiné.
  • Elle s’appelait Sarah. 😐 Julia Jarmond, journaliste Américaine en poste à Paris, enquête sur la rafle du Vel d’Hiv afin de réaliser un dossier pour son journal. Au cours de ses recherches, elle est amenée à prendre connaissance de l’existence de Sarah, une petite fille juive qui avait 10 ans en 1942 et qui faisait partie des très nombreuses personnes emmenées vers les camps de la mort. Par le plus grand des hasard, elle se rend alors compte que l’appartement familial de sa belle-famille dans le Marais avaitété celui de Sarah et de sa famille, justement là où la petite fille avait enfermé son jeune frère dans un placard afin de le soustraire à la rafle. De fil en aiguille, son enquête amène Julia à découvrir que Sarah s’est évadée du camp où elle était retenue et elle décide alors de la retrouver. Ce film n’est pas un mélo larmoyant et l’histoire est assez bien ficelée avec une interprétation particulièrement juste et émouvante de Kristin Scott Thomas dans le rôle de Julia. Toutefois, je reproche une juxtaposition maladroite de cette belle histoire avec la démonstration, ni faite ni à faire, des thématiques classiques de la Shoah (spoliation des biens juifs, rôle de la police Française, etc). Il est difficile de mélanger l’intimiste et l’historique. Plus de détails sur AlloCiné.
  • Attache-moi. 😐 Ricki (Antonio Banderas), jeune homme perturbé, après quelques méfaits puis un séjour en milieu psychiatrique, est à nouveau en liberté et il cherche aussitôt à se rapprocher de Marina (Victoria Abril), actrice de seconde zone, issue du porno. Ricki est fou amoureux d’elle et il décide de la séquestrer afin de la séduire jusqu’à ce qu’elle se mette à l’aimer à son tour. Comme d’habitude avec les films d’Almodovar, on ne sait pas trop quoi en dire quand arrive le générique de fin mais ensuite on ne cesse d’y penser pendant les heures et les jours qui suivent et, petit à petit, on finit par admettre que l’enfant terrible du cinéma Madrilène a encore frappé en apportant sa créativité, son brin de folie et sa vision décalée de la nature humaine. « Attache-moi » n’est certainement pas le meilleur des films d’Almodovar, loin de là, mais il porte la signature du maître et il annonce les films qui vont suivre tels que Talons aiguilles, Tout sur ma mère, Volver, Etreintes brisées et quelques autres. (à l’opposé, on retrouvera une autre facette d’Almodovar avec Parle avec elle, La mauvaise éducation, ou La piel que habito).  Plus de détails sur AlloCiné.
  • Une vie à t’attendre. 🙁  Alex (Patrick Bruel) est restaurateur à Paris en association avec son frère Julien (Michaël Cohen) et sa meilleure amie Camille (Anouck Grinberg). Il s’apprête à « faire sa vie » avec Claire (Géraldine Pailhas). Au hasard d’un mariage, il rencontre Jeanne (Nathalie Baye), son premier amour qu’il n’a jamais oubliée. Voici le décor qui est planté et la suite, vous l’imaginez, va être un mélo de chassé-croisé amoureux ponctué de petits rebondissements, juste pour maintenir l’attention. Inutile d’aller plus loin dans le descriptif, c’est un très mauvais film, d’une lenteur agaçante, et d’une niaiserie affligeante. Les acteurs eux-même semblent réciter leur texte et manquent totalement de conviction. En dépit d’un casting de choix, je serais tenté de dire qu’au cinéma, comme en cuisine, il ne suffit pas d’avoir les meilleurs produits du marché, encore faut-il avoir le talent pour les accommoder. Ici, c’est raté, la sauce ne prend pas. Certains critiques y voient une similitude avec le cinéma de Claude Sautet… rien de moins ! En ce qui me concerne je pense que n’est pas Sautet qui veut ou alors il va falloir que je révise mes fondamentaux…! Enfin, pour tout vous dire, je n’ai même pas pu supporter jusqu’à la fin. Plus de détails sur AlloCiné.
  • 38 témoins. 😀 Le Havre, en pleine nuit, un meurtre a lieu dans un quartier d’immeubles. Une jeune femme est sauvagement assassinée et les enquêteurs de la police n’ont aucun élément. Parmi tous les riverains du lieu du drame, personne n’a rien vu ni rien entendu. Personne sauf Pierre, pilote d’accostage au port de commerce, qui ne peut plus oublier les hurlements horribles de la victime et qui est rongé par le remord de ne pas être intervenu. Il décide finalement d’aller se confier à la police, laquelle le prend d’abord pour un affabulateur. Par ailleurs les riverains le considèrent maintenant comme une « balance », les obligeants dorénavant à subir des interrogatoires de police plus poussés. Même Louise, son épouse, aurait préféré qu’il ne dise rien. Lucas Belvaux réalise avec ce film un joli coup de maître. Au-delà du drame intime du couple de Pierre et Louise qui « part en vrille », c’est avant tout une formidable réflexion sur la nature humaine et les lâchetés qui font que l’on préfère dire (et finalement s’en convaincre) que l’on n’a rien entendu ni vu plutôt que de risquer « d’avoir des histoires ». C’est un film noir, angoissant, qui fait froid dans le dos et dont la lenteur accentue encore la puissance dramatique. La scène de la reconstitution est d’une rare intensité. C’est aussi un appel pour se demander « qu’aurais-je fait en de telles circonstances ? ». Que dire de plus sinon que Yvan Attal est prodigieux en homme rongé par le remord qui a eu un petit peu plus de courage que les autres et qui subit la « double peine ». Hormis Sophie Quinton en épouse déchirée entre la vérité et le mensonge, on notera Nicole Garcia en journaliste opiniâtre qui va contribuer à infléchir la suite de l’enquête et Didier Sandre dans le rôle du procureur, désabusé vis à vis de la nature humaine, et qui ne veut pas aller jusqu’à une inculpation de « non assistance collective » à personne en danger (le monologue qu’il tient devant la journaliste est édifiant). Plus de détails sur AlloCiné.
  • The Wrestler. 😀 Randy fût une star du catch mais l’âge avançant, il est désormais contraint de ne devoir assurer que des prestations de second ordre. Usé physiquement, il continue tout de même car toute sa vie est là dans ce sport spectacle, jusqu’au jour où il est frappé par une crise cardiaque sur le ring. Sa vie bascule et il essaie de reconstruire ce qu’il estime avoir raté. En particulier il tente de renouer avec sa fille, qu’il a négligée pendant des années, et cherche par ailleurs un peu d’affection et d’amour auprès d’une strip-teaseuse sur le déclin. Sans jeu de mot, ce film de Darren Aronofsky (auteur du très beau Black Swann) est un véritable coup de poing. On en ressort KO debout. C’est dur, certes, voire même parfois très très dur, mais on reste quand même vissé sur son siège devant ce film qui est un véritable chef d’oeuvre. De plus, Mickey Rourke est bouleversant dans le rôle de cet homme broyé, mais qui tente quand même de se relever sans cesse et qui cache derrière son physique de combattant amoché une humanité touchante. Il faut absolument voir ce film, même si comme moi vous n’aimez pas le catch et les sports de combats en général, vous ne verrez plus ceci de la même manière. Pour compléter, la musique de hard-rock (Guns & Roses en particulier) qui ponctue tout le film ajoute à l’ambiance et ceci jusqu’à la superbe chanson du générique interprétée par Bruce Springsteen. Plus de détails sur AlloCiné.
  • Le Prénom. 🙂 Vincent (Patrick Bruel), est un quadra dynamique. Il va bientôt être père et ce sera un garçon. Il est invité à dîner chez sa sœur (Valérie Benguigui) et son beau frère (Charles Berling) avec un ami d’enfance commun (Guillaume de Tonquédec). En attentant que son épouse (Judith El Zein) arrive, la discussion s’engage sur le bébé à venir et sur le prénom qu’ils comptent lui donner. Lorsqu’il annonce leur projet, la discussion devient nettement moins apaisée qu’elle ne pouvait l’être cinq minutes auparavant…! En effet le prénom qu’il leur annonce est loin de faire l’unanimité et c’est alors l’occasion d’un grand déballage durant lequel, progressivement, chacun balance à la figure de l’autre toutes les petites vacheries et autres non dits. On assiste alors à une galerie de portraits tout à fait réjouissante. Il s’agit là d’une comédie bien agréable et divertissante à souhait. Ce film est la transposition au cinéma de la pièce de théâtre de même nom. Les comédiens y sont tous excellents, et prennent visiblement beaucoup de plaisir. Cela ne casse certes pas 4 pattes à un palmipède mais c’est une véritable comédie de qualité et cela fait du bien parfois de trouver matière à rire dans ce monde un peu tristounet. Ne boudons pas notre plaisir…! Plus de détails sur AlloCiné.
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2 réponses à Chronique cinéma 2013-4

  1. Antoine dit :

    J’ai The Wrestler depuis bien longtemps, toujours pas pris le temps de le voir… Je le mets en haut de ma liste !

    • Gilles dit :

      Oui, c’est fortement recommandé. Ce film est un véritable choc. Je l’ai regardé en VO et malgré tout je suis resté scotché. Au bout d’un petit moment je ne m’en rendais plus compte… Ce qui est un signe !

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