Souriez, vous êtes surveillés

La semaine passée a été marquée par la mise au jour d’une information que certains n’hésitent pas à qualifier d’énorme scandale. En effet, il semblerait que la NSA (l’agence nationale de sécurité Américaine) et le FBI aient accès, depuis 2007, aux serveurs des grandes entreprises de l’internet, et des services qu’elles y diffusent (Microsoft, Google, Yahoo, Facebook, Youtube, AOL, Skype, Paltalk et plus récemment Apple).

Page de présentation du programme PRISMSans équivoque, le but est de surveiller les activités de personnes jugées suspectes qui résident à l’étranger. Ce programme, au nom de code PRISM, avait été lancé par l’administration de Georges Bush et prorogé discrètement par celle de Barak Obama en dépit des intentions, affichées par ce dernier, de mettre fin aux pratiques contestées de son prédécesseur.

C’est jeudi dernier que le Washinton Post et le Guardian ont ébruité l’affaire. En effet, un ancien employé d’un sous-traitant de la NSA a fait « fuiter » l’information en transmettant un certain nombre de documents, dont une présentation power-point assez édifiante (lire cet article pour plus de détails).

La presse s’est plus ou moins faite l’écho de cette affaire et, pour plus de précision, vous pouvez lire cet article du site de 01-Net actu, ainsi que cet autre du Monde.

PRISM LogoEn Europe, la polémique commence à enfler car il a été révélé que, dès 2012, une étude sur le sujet avait été portée à la connaissance de la Commission Européenne sans que cela n’émeuve grand monde. Il semblerait que les auteurs de cette étude aient assez largement sous-estimé l’ampleur de l’opération Américaine, considérant qu’il s’agissait davantage d’une potentialité théorique que d’une réelle mise en application. L’un d’eux vient même d’avouer qu’il s’agissait du » pire scénario » qu’ils avaient pu imaginer. Récemment une Euro-députée a déposé une question écrite demandant si la Commission Européenne était informée de l’existence de ce système de surveillance et ce qu’elle prévoit pour protéger la vie privée des ressortissants de l’Union (voir cet article).

A mon avis, cette affaire devrait très vite se dégonfler. En effet, faut-il être bien naïf, sinon avoir la mémoire courte, pour s’étonner encore que les agences de renseignements utilisent  les moyens disponibles sur internet ? Cela fait longtemps que nous savons que tous les services de sécurité de par le Monde n’ont aucun état d’âme en la matière. Par ailleurs, les événements du 11 septembre 2001 ont plus ou moins justifié ce type de pratique et, dans une certaine mesure, c’est le prix à payer pour nous éviter, autant que faire se peut, des aller simple dans nos déplacements aériens ou encore de sauter sur une bombe au coin de la rue, dans un centre commercial, dans une gare ou dans un couloir de métro.

Pour autant, je comprends que l’on puisse s’émouvoir que l’on fasse ainsi intrusion dans notre vie privée mais, au fond, qu’avons-nous de si précieux à cacher ? Il faut être conscient que de raconter sa vie sur Facebook ou dans un blog, comme je le fais ici, est une démarche volontaire qui est censée être « responsable ». Autrement dit, si on se dévoile sur internet de cette manière c’est que nous le voulons bien, il faut donc en assumer les risques.

En revanche, la surveillance de conversations ou de courriers est une toute autre affaire. On peut en effet s’inquiéter légitimement que nos échanges privés puissent être siphonnés pour un usage dont on ne sait rien. C’est donc plutôt à ce niveau que la vigilance des états doit s’exercer auprès de l’administration Américaine, si toutefois cette dernière en tienne vraiment compte, ce dont je doute énormément.

Alors, me direz-vous ? Que peut-on faire ? Pour ma part, je ne compte rien changer de mes habitudes. Je vais continuer à envoyer des mails à ma famille, mes amis, mes partenaires administratifs ou commerciaux, etc. Je vais continuer à effectuer mes achats sur des sites de vente en ligne, je continuerai à écrire dans ce blog en étant conscient et responsable de mes propos, etc. etc. Je ne pense pas que l’on puisse vivre sans cesse en ayant peur de tout et de n’importe quoi. C’est un excellent moyen pour se gâcher la vie, laquelle n’est déjà pas si longue que ça, ni très drôle d’ailleurs.

Ainsi donc, si les pratiques de la NSA et du FBI permettent de neutraliser quelques fous de par le Monde, prêts aux pires agissements, cela ne me gêne pas plus que ça. Pour autant, cela ne m’empêche pas d’être vigilant, et surtout responsable de mes propres pratiques vis à vis d’internet. Finalement, je suis presque plus agacé par les méthodes des sites commerciaux qui pistent nos recherches pour encore mieux nous harceler de publicités ciblées. Le « big-brother » à la manière d’Amazon & Co est tout aussi pervers pour nos libertés individuelles.

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