La Ferrari 250 Testa-Rossa

Dans un article précédent, j’abordais dans son ensemble la prestigieuse gamme des Ferrari 250. Dans le présent article, je vais me focaliser sur un modèle en particulier avec la 250 Testa-Rossa et, plus précisément encore, sur l’une d’entre-elles dont je dispose du modèle réduit.

Ma collection comprend, comme il se doit, plusieurs modèles de Ferrari de la lignée 250. 😉

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERATout d’abord, il y a la GTO 1962 dont je vous ai parlé dans un de mes premiers articles consacrés à cette rubrique « Auto-Rétro ».

Il s’agit de la réplique au 1/18ème de la voiture qui remporta, avec le n° 19,  la 2ème place du classement général, et la 1ère place dans la catégorie GT, aux 24 h du Mans de 1962.

Elle était pilotée par Jean Guichet et Pierre Noblet . Pour en savoir davantage sur cette voiture retournez voir l’article du 21 juin 2012.

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Si la GTO est certainement la Ferrari la plus emblématique, la plus chargée d’histoires de toutes sortes (vraies ou à vérifier…), mais aussi l’une des plus chères actuellement sur le marché, la 250 TR (Testa-Rossa) ne l’est guère moins.

Succédant à la 500 TRC et son 4 cylindres de 2 litres, la 250 TR a vu officiellement le jour en 1957 et a été construite jusqu’en 1961 (23 exemplaires).

Aileron Ponton Ferrari 250 TR

(C) Etienne Images

Sa carrosserie, ébauchée par Pinin Farina, a été conçue et réalisée par Scaglietti. Elle évolua quelque peu au cours de la période, tout en se simplifiant.

En effet, le modèle de 1958 dénommé « Pontoon Fender » se présentait avec les ailes avant largement échancrées vers l’arrière au point de n’être reliées à la carrosserie que par une sorte de « pont » de tôle. (voir illustration ci-contre).

Le but était de favoriser la circulation d’air afin de refroidir les freins à tambour. A cette époque, Ferrari continuait en effet à équiper ses modèles de tambours alors que la concurrence (Jaguar et Aston-Martin entres autres) avaient déjà adopté les freins à disques, plus efficaces et plus faciles à ventiler.

ferrari-250-testa-rossa-scaglietti-spyder-pontoon-fender-1957–58

(C) Thechicaneblog.com

Cette configuration, qui conférait une certaine élégance à la voiture, présentait toutefois quelques inconvénients au niveau du comportement routier à haute vitesse.

Ferrari-250-TR59-60

(C) motorsportretro.com

Dès 1959, le design a quelque peu évolué avec une carrosserie bien plus classique et enveloppante, dotée seulement de petites grilles d’aération latérales.

Avec son moteur 3 litres de 300 Ch, et seulement 800 kg sur la balance, la 250 TR a dominé les compétitions de sport-prototype jusqu’au début des années 60 (1). Elle a remporté, entre autres, les 24 h du Mans à trois reprises (58, 60 et 61) et a permis à Ferrari de continuer à affirmer sa suprématie au classement du championnat du monde des constructeurs. Sa principale concurrente était la superbe Aston-Martin DBR1.

Simeone automotive museum vidéo_250TR vs AM DBR1Profitons-en pour visionner la petite vidéo ci-contre, réalisée en 2009, afin d’admirer les deux « monstres » en démonstration sur circuit.

Reconnaissons que la DBR1 n’est pas mal non plus…! Vivement que CMC, BBR, ou autres en proposent un modèle réduit… 😀

Sinon, internet foisonne de sites spécialisés sur les véhicules de légende et la 250 TR y a très largement sa place. Pour vous faire une idée, tapez simplement « Ferrari 250 TR » dans Google, puis sélectionnez la rubrique « images » et vous serez édifiés…

La carrière de la 250 TR s’est terminée à partir de 1961 pour laisser progressivement la place, d’une part à la GTO en catégorie GT, et d’autre part à la 250 P puis la 250 LM, cette dernière ayant clôturé la saga des 250 avant l’arrivée de la fameuse série des 330.

Le but n’étant pas de « réinventer l’eau tiède », il est inutile que j’aille plus loin dans la description de cette voiture mais plutôt que je vous indique quelques références pour en savoir plus. La 250 TR a inspiré pas mal de bouquins et tout autant d’articles sur internet. Pour ma part, avant de rédiger celui-ci, j’ai puisé :

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Le constructeur de modèles réduits CMC a réalisé plusieurs versions de la Ferrari 250 TR :

  1. Une version banalisée telle qu’elle pouvait être proposée en version « client ».
  2. La version associée au célèbre  châssis 714, fabriquée pour le gentleman Vénézuélien Piere Drogo, laquelle a récemment défrayé la chronique avec une vente aux enchères qui a atteint la somme inimaginable de 9 millions d’Euros.
  3. Enfin la version associée au châssis n°732 de Ed Hugus dans sa configuration des 24 h du Mans de 1958. C’est de cette dernière dont j’ai fait l’acquisition d’un exemplaire.

Ed HugusNé en 1923, Ed Hugus était un coureur automobile américain des années 50-60. Plus ou moins autodidacte au départ, il était surtout reconnu pour son tempérament amical et charmeur mais également pour sa simplicité et sa modestie en dépit d’un engagement sportif et d’une opiniâtreté remarquables.

Après avoir couru sur différentes voitures, il s’est très rapidement intéressé aux Ferrari et fût même l’un des concessionnaires les plus importants de la marque aux Etats-Unis, au même titre que Luigi Chinetti, le célèbre patron de l’écurie du NART, avec lequel il a établi par ailleurs une collaboration fructueuse. Pour qui voudrait en savoir davantage sur Ed Hugus voir cet article sinon ce résumé de Wikipédia.

Affiche Le Mans 58Ed Hugus a piloté de nombreux modèles de Ferrari, depuis une 500 TRC jusqu’à une 250 LM (2), en passant par des 250 SWB ou des GTO et bien évidemment par cette fameuse 250 TR châssis n°732.

Après une première participation infructueuse aux 12 heures de Sebring, c’est avec celle-ci qu’il est arrivé au terme des 24 h du Mans de 1958, remportant ainsi la 7ème  place après une course épique sous une pluie battante. Son coéquipier était Ernie Erickson. (3).

Cette voiture, qui portait le numéro de course 22, est également connue des connaisseurs par son surnom « Lucybelle II » lequel a été peint en dernière minute sur la carrosserie (4).

Par la suite, cette voiture est passée entre les mains de nombreux propriétaires, a subi quelques accidents, a été restaurée plusieurs fois et se produit dorénavant dans des concours d’élégance ou des concentrations de véhicules de collection. Pour plus de détails, voir cette page du site Barchetta.

Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à consulter cette autre page d’un site entièrement consacré aux 24 h du Mans. En particulier, la petite vidéo est intéressante car elle donne une idée de l’ambiance de l’époque ;-).

Enfin, la galerie ci-dessous nous montre « Lucybelle » en pleine action.

Simeone automotive museum vidéo_250TR #22Sinon, je ne saurais trop vous recommander de visionner la petite vidéo ci-contre montrant cette voiture (à moins qu’il ne s’agisse que d’une copie…) en plein action sur circuit. On notera que le pilote ne lésine pas sur l’accélérateur malgré les millions d’euros qu’il a entre les mains…!

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CMC_250-TR #22_1Passons maintenant au modèle réduit proposé par CMC. :-D. Il s’agit d’une série limitée à 3000 exemplaires.

Il est théoriquement encore disponible mais commence à se faire rare.

Comme d’habitude, c’est vraiment de la très haute qualité, avec un niveau de détail exceptionnel à tous les niveaux, y compris dans des parties qui ne sont pas forcément visibles de prime abord. Il faut par exemple démonter les roues pour voir les tambours de freins, ainsi que la mécanique de suspension, fidèlement reproduits.

Sur les photos présentées ici, elle apparaît nettement plus rutilante qu’elle ne l’était réellement lors de la course des 24 h… 😉

Plus que de long discours, jugez-en déjà par vous-même avec ces quelques photos de mon cru, prises « vite fait », en attendant que je vous en propose de meilleures.

CMC_250-TR #22_2A noter enfin que le modèle présenté ci-dessus n’est pas exactement celui de la voiture qui a participé aux 24 h du Mans.

En effet, lors de la préparation avant la course, quelques modifications y avaient été apportées.

CMC_250-TR #22_3Parmi celles-ci, on pouvait noter des feux de signalisation latéraux, la fameuse inscription « Lucybelle II » apposée sur l’aile avant droite (voir ci-dessus) ainsi que le déplacement des projecteurs supplémentaires devant la calandre.

Cette version spécifique fait l’objet d’un autre modèle réduit chez CMC… produit en série encore plus limitée, et donc vendu un peu plus cher. Business is business !!!

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A lire également :

Notes :

(1) Après les terribles accidents du Mans en 56, puis des Milles Miglia, la fédération décida de réduire à 3 litres la cylindrée des moteurs. Cela mettait donc temporairement hors course les deux grands leaders qu’étaient alors Jaguar et Aston-Martin, Mercedes s’étant retiré de lui-même de la compétition. Ainsi, Ferrari et son moteur Columbo 250 se retrouvait en quelque sorte avec un longueur d’avance.
(2) La petite histoire dit que, lors des 24 h du Mans 65, Ed Hugus a été amené, en pleine nuit, à prendre le volant de la 250 LM n° 21 victorieuse en remplacement des 2 pilotes principaux qu’étaient Masten Gregory (fatigué) et Jochen Rindt (injoignable). Il a nourri une très vive rancœur de ne pas avoir été associé à cette victoire par ses coéquipiers.
(3) C’est une autre 250 TR, avec le numéro 14, pilotée par Hill et Gendebien qui a remporté l’épreuve. Une troisième TR pilotée par Beurlys et De Changy prenait la 6ème place, à seulement 4 minutes devant la n° 22.
(4) Ce patronyme semble avoir été inspiré par Lucille, l’épouse de Parker Davis, lequel était le sponsor et l’ami de Ed Hugus à Pittsburgh. Entre Sebring et Le Mans la voiture a été repeinte en blanc avec des bandes bleues, conformément à la charte de l’écurie du NART sous la bannière de laquelle elle était entrée.
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Une réponse à La Ferrari 250 Testa-Rossa

  1. Etienne dit :

    Bonjour Gilles,

    Petites précisions, bien tardives, suite à ma lecture :

    – les 2 versions reproduites par CMC représentent en fait, d’un côté, la version actuelle de la voiture restaurée (et qui réside en Suisse), qui a servi de base pour la réalisation de la miniature, et de l’autre la version 24 H du Mans (avec les longues portées à l’extérieur de la calandre et les lumignons sur le côté droit). Il manque encore quelques détails pour qu’elle soit tout à fait conforme… CMC est coutumier du fait : utilisation d’un modèle restauré (idem pour la 312P, la 250 GTO…) qui ne correspond bien souvent pas vraiment au modèle « historique » représenté. C’est flagrant sur la GTO qui est truffée d’inexactitudes, notamment la forme de l’avant – ratée – qui est une des caractéristiques de la voiture ayant servi de base de travail.
    – pour la participation de Hugus à la victoire de 1965 : il existe une lettre (qu’on peut trouver sur le net) de Hugus qui décrit (c’est sa version…) les évènements de cette nuit de juin 1965…Si sa participation en tant que 3ème pilote non déclaré par le NART était avérée, ça signifierait surtout une tricherie susceptible de conduire au déclassement de la voiture !

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