Les tontons flingueurs seraient-ils de retour à l’UMP

Candidats présidence UMP

(C) Le Monde

Voici qui est fait, Nicolas Sarkozy est élu à la tête de l’UMP. Cela ne faisait aucun doute et les commentateurs politiques, qu’ils soient de droite, de gauche, du centre ou d’ailleurs le pronostiquaient depuis le début. On savait que l’ex-Président de la République disposait d’un fond électoral confortable auprès des militants.

En revanche, ce qui était moins certain c’était le fait qu’il soit élu avec un « score à la Nord-Coréenne » avec 75, voire 80% des suffrages. C’était visiblement ce que l’intéressé avait clairement en ligne de mire afin de pouvoir asseoir une légitimité sans partage à la tête de l’UMP et écarter une bonne fois pour toutes (sinon pour un bon moment, jusqu’en 2017) ses contradicteurs et autres trublions.

Force est de constater que cela n’a pas eu lieu car, même si sa victoire se souffre aucune contestation, avec pratiquement 2 électeurs sur 3, il doit se rendre à l’évidence que son principal adversaire, Bruno Le Maire, n’arrive pas avec un score symbolique, et ceci est peut-être la vraie surprise de cette consultation interne.

Nicolas Sarkozy ne va pas pouvoir diriger facilement le parti comment il le souhaiterait. En effet, les clivages sont tout de même très marqués, qu’il s’agisse de l’élargissement vers le centre, l’organisation de primaires pour les prochaines présidentielles, le ratissage sur les terres du FN, et même accessoirement sur la loi Taubira. Mais ce ne sont pas les seuls points d’achoppement car, au-delà des clivages politiques, moraux ou sociétaux, c’est également le « style Sarkozy » qui dérange un certain nombre d’hommes et de femmes politiques. Nous avons pu nous en rendre compte durant la campagne avec les attitudes discrètes et parfois même en retrait explicite de certains de ses soutiens, même parmi les pus « Sarkophiles » comme Nadine Morano !

Ceci me parait d’autant plus probable qu’il faut bien distinguer deux choses. Les militants sont une composante de la vie politique d’un parti, les personnes politiques de ce parti en sont une autre et en particulier les cadres, les délégués, les parlementaires et les élus en général. Si, en politique, c’est bien l’électeur qui a le dernier mot, et donc ici le militant de base, ce sont bien les « politiques » qui construisent la stratégie du parti et qui prennent les décisions fondamentales. Or, il semblerait qu’il ne soit pas tout à fait pertinent de projeter à l’identique les scores d’hier auprès des militants sur ce que serait la même consultation auprès des politiques de l’UMP uniquement.

Sarko-Juppé_Fillon

(C) Le Monde

En effet, au sein même de l’exécutif il faut tenir compte de la présence de « poids lourds » qui disposent de réseaux d’influence et qui sont en mesure de monter des contre-feux qui seraient de nature à contrarier les ambitions du nouveau président du parti.

Parmi ceux-ci, outre Bruno Le Maire dont le discours d’hier était sans ambiguïté, il faudra surtout compter sur des personnes comme François Fillon et Alain Juppé qui n’ont visiblement pas l’intention de s’en laisser compter et qui ont, en plus, un certain nombre de rancœurs à l’égard de Nicolas Sarkozy. Mais ils ne sont pas seuls et même parmi ceux qui ont soutenu Sarkozy, un certain nombre l’ont fait du bout des lèvres, voire même se sont démarqués ces derniers temps ou ont refusé le moindre commentaire. Ainsi par exemple je n’ai pas manqué de remarquer les esquives de François Baroin cette semaine sur le plateau de France-2, les réserves de Christian Estrosi et même de Henri Guaino, l’ex plume de Sarkozy.

En 2012, nous avons assisté au spectacle affligeant du duel Coppé-Fillon (1). Si cette fois-ci ce ne sera pas autour de polémiques sur le trucage électoral, puisque la consultation a été parfaitement transparente, il est possible que chaque clan au sein de la famille aille « graisser les fusils » et faire l’inventaire des munitions. Sauf miracle qui ferait que tout le monde tombe dans les bras l’un de l’autre en jurant de jamais plus se fâcher, j’ai bien peur que l’ère des « Tontons Flingueurs » soit de retour.

Les tontons flingueursAllez, détendez-vous… Pour cela je vous propose d’aller jeter un œil à ce florilège de répliques de Michel Audiard et d’essayer de les attribuer à l’un ou à l’autre.

Pour commencer et vous mettre en train, on pourrait faire dire à Bruno Le Maire à l’intention de Nicolas Sarkozy : « Mais dis donc, on n’est quand même pas venus pour beurrer les sandwichs ! ». Maintenant à vous de jouer… 😉 N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions en déposant un commentaire. 😀

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(1) Lire aussi dans ce blog deux articles que j’avais consacré à la crise de 2012.
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