Tragédie Grecque ?

Bon, soyons clairs. Je ne vais pas prendre ici la défense d’un système politique qui perdure depuis de nombreuses années en Grèce et qui a suffisamment montré sa roublardise en maquillant ses comptes. Je ne prendrai pas plus la défense d’un système dans lequel la corruption et la fraude fiscale sont quasiment élevées au niveau de l’institution, sinon d’un sport ou d’une spécialité locale.

Ceci étant, comment se fait-il que les grands donneurs de leçons d’aujourd’hui ne se rendent compte du problème que maintenant ? Jusque là tout le monde s’en accommodait fort bien semble-t-il ? sinon fermait pudiquement les yeux. Ce n’est pas d’hier que la situation en Grèce existe ?

Non, en revanche je suis troublé et même scandalisé de la manière brutale qui est adoptée vis à vis de la Grèce en tant que pays et surtout de ce qui est engagé envers sa population. Il me semble qu’il y avait d’autres méthodes possibles, moins agressives, plus progressives, de réforme et surtout d’accompagnement de ce pays vers une situation plus équilibrée, plutôt que cette mise au banc des nations d’Europe, la cause de tous les maux, bref le chien galeux.

A force d’appliquer ainsi des purges aussi sévères et insupportables, je crains que le peuple ne se rebiffe et que le pays le paie cher par une insurrection civile incontrôlable. Lorsqu’on accule un animal au point qu’il n’ait plus aucune issue, il va devenir méchant et son instinct de survie va l’amener à un comportement irrationnel et imprévisible.

Aujourd’hui c’est la Grèce qui est dans le collimateur, mais demain ? Pourquoi ne s’intéresse-t-on pas à certains pays d’Europe de l’est qui, pour l’instant, font profil bas et profitent bien des mannes de l’Europe ? Que ne s’occupe-t-on de la Hongrie et des relents nauséabonds de totalitarisme qui y sont en préparation ? Non, c’est vers le sud que tous les yeux sont tournés.

A qui le tour demain ? l’Italie, cet autre repère d’irresponsables méditerranéens ? N’a-t-on pas entendu des hommes politiques Allemands, et même Français, dire que l’Europe n’avait pas à s’embarrasser de « trucs » comme la Grèce l’Italie, le Portugal ou l’Espagne. Nos chers amis d’outre-Manche ne les ont-ils pas d’ailleurs dénommés les PIGS… Y aurait-il une échelle des valeurs en fonction de la latitude ? Et la France me direz-vous ? Il n’est nul besoin de rouler les mécaniques, nous ne sommes pas guère plus en odeur de sainteté.

La xénophobie n’est plus très loin… et c’est désolant. N’oublions pas pourtant que la Grèce est un des contributeurs essentiels de notre civilisation, que c’est là-bas qu’est apparu le concept de démocratie, ainsi d’ailleurs qu’un certain nombre de valeurs philosophiques qui surpassent bien encore tous les indicateurs économiques et les notes des agences autoproclamées.

D’antique qu’elle fût, la tragédie Grecque risque de devenir très contemporaine.

Ce contenu a été publié dans 1-l'humeur du moment, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Tragédie Grecque ?

  1. Gilles dit :

    Dans l’article ci-dessus, je ne croyais pas si bien dire à propos de la réaction possible du peuple Grec qui, à défaut d’une « insurrection civile incontrôlable », n’a pas fait guère moins avec un bulletin de vote, amenant à l’assemblée les extrêmes les plus radicaux et détestables, qu’ils soient de gauche ou de droite. quand je parlais de comportement irrationnel et imprévisible, je ne pensais pas que cela puisse avoir autant de sens aujourd’hui…
    Cela me rend vraiment très triste d’en arriver là… 🙁

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *