Carnet de voyage en Corse – La Balagne

Après le précédent article consacré au Cap Corse, je vous emmène aujourd’hui en Balagne.

Cette région de Haute-Corse est notre lieu de prédilection. En effet, c’est ici que nous posons le plus souvent nos valises lors de chacun de nos séjours, et toujours dans le même hôtel de l’Ile-Rousse.

Pour qui ne connaît pas vraiment la Corse, la première question sera certainement : « Où se situe exactement la Balagne ? ».

On pourrait s’en tenir à des réponses stéréotypées telles que « C’est la région de Calvi et de l’Ile-Rousse », ou encore « C’est la partie nord-ouest de l’île », ce qui n’est pas forcément faux mais pas suffisant, à mon sens, pour qui veut bien comprendre cette région afin de mieux l’apprécier.

La subdivision de la Corse en régions est assez variable selon les points de vue. En dehors de la partition administrative en deux départements, du nord et du sud, il est souvent question d’un découpage en ce qu’il est convenu d’appeler des micro-régions telles que « Centre Corse », « Région d’Ajaccio », « Le grand Bastia », etc. La « Balagne » en est une à part entière. Toutefois on reconnait souvent un autre découpage, en zones généralement plus petites et plus proches de la géographie. Ainsi par exemple, le Cap Corse peut être considéré comme un territoire à part entière, indépendamment de la région de Bastia ou encore du « Nebbiu » tout proche (1).

Pour résumer, la Balagne est cette bande de terre qui, depuis le pied des hauts massifs situés au sud, descend progressivement jusqu’à la mer. On considère par ailleurs que la limite orientale se situe au pied du plateau des Agriates, et à l’ouest à la localité de Galéria.

En dehors des premiers contreforts de la montagne au sud, c’est une région de moyenne à faible altitude dotée malgré tout d’un relief assez tourmenté avec de nombreuses vallées ou pitons sur les flancs desquels se nichent ces superbes villages qui caractérisent la région. C’est également une terre d’agriculture, ce qui lui valait autrefois le surnom de « jardin de la Corse » (2).

Pour en savoir plus, internet foisonne de sites consacrés à cette région mais, pour commencer, cet article académique de Wikipédia est un bon départ.

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Ainsi donc, en dehors de Calvi et de l’Ile-Rousse, la région est essentiellement constituée de villages, plus ou moins importants, qui valent tous sans exception d’aller y passer un moment et de goûter cette douceur de vivre qui s’en dégage et qui explique en très grande partie pourquoi nous sommes devenus « accrocs » à la Balagne.

D’une manière générale les villages de Balagne se caractérisent par leurs situations escarpées avec bien souvent la vue sur la mer et sur la montagne. Les rues y sont étroites, sinueuses, pentues et parfois même en escalier.

Par ailleurs, comme pour beaucoup d’autres villages de Corse, on notera cet habitat typique fait de hautes maisons à deux ou trois niveaux, aux façades souvent austères, peu colorées et rarement fleuries.

A l’inverse, les églises (qui sont majoritairement de style baroque) se remarquent par leurs façades aux couleurs pastels, leurs clochers typiques en forme de tour à plusieurs étages, sinon en frontons. En général les intérieurs y sont richement décorés.

Il est à noter toutefois la présence de quelques églises d’origine Pisanes, datant du XIème siècle, reconnaissables à leur style dépouillé, à leurs murs polychromes et à leurs sculptures primitives. C’est le cas de celle d’Aregno, mais également de Santa Reparata (voir ci-dessus) ou encore de la chapelle Saint-Rainier (3).

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Si vous ne disposez que de peu de temps pour visiter cette région, un très bon aperçu se situe dans le triangle compris entre l’Ile-Rousse à l’est, Lumio à l’ouest et Cateri au sud (voir carte ci-avant). C’est là que se trouvent les villages les plus souvent cités dans les guides touristiques, donc les plus fréquentés et également les plus coquets.

Ainsi, on ne manquera pas de monter jusqu’à San Antonino, juché tout en haut de son piton avec un panorama imprenable sur la mer au nord et la montagne au sud. Ce sera l’occasion pour localiser, d’en haut, tous les autres villages alentour en se basant essentiellement sur leurs églises ou chapelles respectives.

On repérera par exemple Corbara avec son église toute blanche et son couvent tout proche, Aregno et sa chapelle au murs en damier, Cateri et le fronton de son église aux couleurs chaudes. Tout ceci sans oublier  Pigna (4), petit village d’artisans d’art dont l’église dispose de deux tours coiffées de petits dômes.

Il est possible d’entamer le circuit par la route nationale de bord de mer. Toutefois je vous recommande plutôt d’y aller par le chemin des écoliers, au départ de l’Ile Rousse, en montant jusqu’à Monticello (voir ci-contre), puis en suivant la route en corniche jusqu’à Santa Reparata pour redescendre ensuite sur Corbara.

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Ce premier circuit étant fait, si vous êtes prêts à consacrer un peu plus de temps afin de sortir des sentiers battus, il vous restera à découvrir une autre série de villages, certes un peu moins connus, mais tout aussi intéressants.

Ainsi donc, à partir de Cateri, suivez la RD 71 qui va vous mener jusqu’au gros bourg de Belgodère à l’est. Celle-ci est dénommée « route des artisans ».

Vous allez ainsi passer successivement par les villages de Muro, Feliceto, Speloncato, Di Paraso et plein d’autres disséminés de part et d’autre de cet axe.

Je pense par exemple au petit village de Nessa, agrippé au flanc de la montagne, et où nous avons pu un jour sympathiser avec quelques habitants, apparemment flattés que des « gens du continent » prennent plaisir à arpenter les rues pentues de leur village.

En poursuivant votre route, avant d’arriver à Belgodère vous allez découvrir, vers le nord, un panorama grandiose sur la plaine qui descend doucement jusqu’à la mer et la plage un peu sauvage de Lozari où vous pourrez éventuellement vous baigner avant de reprendre la route de Calvi.

Toujours dans le même secteur, à partir de Speloncato, prenez un peu en hauteur vers le col de Battaglia, d’où vous aurez une vue encore plus fantastique, puis vous redescendrez vers les villages de Pioggola et Olmi-Cappella.

Au cœur de cet univers boisé vous entrez alors dans une autre « micro-région », dite du Giussani, située au pied des montagnes. Je ne la connais pas encore très bien mais, en ayant entendu souvent parler par un ami, je me réserve de l’explorer davantage lors d’un prochain séjour, un des hauts lieux étant la vallée ombragée et les gorges de la Tartagine.

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Pour être complet, mais cette fois-ci à l’opposé, vers l’ouest, un autre circuit vaut le détour.

Toujours à partir de Cateri, en direction du sud-ouest, il vous suffira emprunter la D151 jusqu’à la localité de Calenzana, connue comme un point de départ pour les randonneurs sur le célèbre GR20.

Cette fois-ci on s’enfonce droit vers la haute montagne et le paysage change peu à peu. Les villages sont un peu moins riants et le relief devient omniprésent.

Un village parmi les autres mérite d’y passer un moment. Il s’agit de Montemaggiore que l’on pourra contempler, dans son écrin de montagnes, à partir de la chapelle de Saint Rainier. Ce superbe village est certainement l’un des plus « nature » de Balagne, davantage tournée vers la montagne en dépit d’une vue superbe sur Calvi et sa baie (5).

Vous continuerez votre route en direction de Calenzana et, un peu avant d’y arriver, je vous conseille une petite pause à l’ombre des oliviers qui entourent la très belle chapelle Sainte-Restitude (Patronne de la Balagne).

Et voilà…! J’espère que cet article consacré à la Balagne va vous convaincre d’aller y passer quelques jours de vacances. Pour compléter ce petit dossier, n’oubliez pas d’aller consulter cet autre article spécifiquement consacré aux deux localités de Calvi et de L’Ile-Rousse.

Dans ce qui précède, je ne me suis pas attardé sur les descriptions de chaque village. En effet, je considère que ceci est déjà très bien dit dans les différents guides touristiques et qu’il est donc inutile de « réinventer l’eau tiède ». D’autre part, il ne fallait pas que je vous en dévoile trop afin de vous laisser le plaisir de la découverte par vous-même. 😉

Toutefois, si les quelques illustrations de cette page ne suffisent pas (n’oubliez pas de cliquer dessus pour les voir en meilleure résolution), vous pourrez regarder ce grand diaporama.

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Notes :

(1) Cette notion de micro-région était autrefois appelée « pieve » et pouvait également avoir une signification territoriale à caractère religieux. A titre d’exemple, la région d’Olmi Capella, dont je parle plus loin, fait partie d’une micro-région dénommée « Giussani » mais était désignée par ailleurs par « E cinque pieve di Balania ». Ceci illustre bien la complexité descriptive du territoire Corse…! (Merci à JCC, qui se reconnaîtra, pour ce moment de culture).

(2) Actuellement, cet aspect agricole n’est pas aussi développé qu’il a pu l’être dans le passé mais on imagine aisément qu’il le fût car on a vraiment l’impression que la Balagne cumule tous les atouts pour cela. Au hasard des promenades vous pourrez ainsi voir de nombreux arbres fruitiers, de la vigne, des oliviers, etc. etc. Certains rêvent de  restaurer ce côté « jardin de la Corse » et je vous recommande en particulier de lire cet article du blog « mille idées pour la Corse » qui résume parfaitement bien le sujet.

(3) Le terme « Pisanes » fait référence à l’archevêché de Pise qui, au XIème siècle, avait autorité sur une partie de la Corse. Il en résulte ces églises ou chapelle très particulières. La plus emblématique de toutes est sans conteste celle de Saint-Michel de Murato dans la région toute proche du Nebbiu. (en savoir plus).

(4) Pigna est un village d’artisans. Entre autres, je vous recommande l’un d’eux qui fabrique de superbes boîtes à musique, certes un peu chères mais entièrement faites main.

(5) Si vous vous y trouvez par hasard vers l’heure du déjeuner, tentez d’aller vous restaurer « Chez Françoise ». C’est une auberge discrète, où l’accueil est chaleureux et où vous pourrez côtoyer les « gens du cru » en toute simplicité.

 

 

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