Chronique cinéma 2015-3

L’été arrive, c’est le temps des vacances, des sorties avec les amis, des soirées sur la terrasse à profiter de la fraîcheur et vous allez donc certainement bouder un peu les salles de cinéma ou votre téléviseur.

C’est ainsi que je vous livre ma dernière chronique de ce premier semestre et je vous donne maintenant rendez-vous pour la rentrée d’automne.

Pour mémoire, vous pouvez consulter les chroniques des mois précédents en suivant ce lien. Vous y trouverez également les récapitulatifs des années  2012 et 2013.

La signalétique, sur une échelle à 5 niveaux, soit du meilleur au pire :  :-D   :-)   :-|   :-(   :-x

  • Last days of summerLast days of summer. 🙂 Dans une petite ville du fin fond des Etats-Unis, en cette fin d’été, Adèle fait des courses dans une supérette. C’est une jeune femme craintive qui, depuis la séparation d’avec son mari, vit seule avec son fils Henry. Au détour d’un rayon, un homme aborde Henry en lui demandant de le mener vers sa mère. C’est alors qu’il les menace en leur demandant de l’emmener chez eux. Adèle, terrorisée, s’exécute et cache Franck, lequel est un évadé de la prison toute proche. En cavale et avec la police à ses trousses, Franck va ainsi s’immiscer dans la vie morne d’Adèle et d’Henry puis, petit à petit, la prise d’otages va prendre des allures de cohabitation consentie. Franck ne se comporte pas vraiment comme un voyou avec Adèle et il devient par ailleurs un peu le père qui manque à Henry. Les relations entre Adèle et Henry vont progressivement se teinter d’affection et de tendresse. Avec ce film, Jason Reitman (réalisateur, entre autres, de « Juno ») signe ici une romance tout à fait classique qui n’aurait finalement qu’assez peu d’intérêt si les deux acteurs principaux n’étaient, d’une part la belle, talentueuse et émouvante Kate Winslett dans le rôle d’Adèle et d’autre part Josh Brolin dans le rôle du ténébreux mais gentil garçon Franck. Rien que pour cela j’accorde le 4/5 alors que, si je n’avais dû ne juger que le scénario, je n’aurais pas dépassé 3/5. Plus d’information sur Allociné.
  • Salaud on t'aimeSalaud on t’aime. 🙁 Jacques Kaminsky (Jonnhy Halliday), célèbre photographe de presse, s’apprête à raccrocher ses boîtiers et ses objectifs pour se retirer dans un coin chic des Alpes où il achète un superbe chalet. Durant toute sa vie il s’est assez peu inquiété de ses quatre filles issues de 3 ou 4 mariages différents. Seul un bon ami, médecin de son état, Frédéric (Eddy Mitchell), lui est resté fidèle. Sur le versant descendant de sa vie, Jacques s’éprend de Nathalie (Sandrine Bonnaire), l’agent immobilier qui lui a vendu le chalet. Venu lui rendre visite, Frédéric sent que Jacques garde en lui une fêlure du fait de ne pas s’être assez occupé de ses filles, ces dernières n’étant pas, de leur côté, forcément d’accord pour se retrouver autour de lui, plusieurs dizaines d’années plus tard. Pour cela, Frédéric va alors inventer un gros mensonge en laissant entendre à tout le monde que Jacques est atteint d’une grave maladie qui ne lui laisse que quelques semaines, ou mois au mieux, à vivre. Une fois de plus Claude Lellouch nous emmène dans une nouvelle (et peut-être de trop) histoire de copains, d’amitié et de vie bling-bling. Une fois de plus il opère son casting en dehors des sentiers balisés du cinéma. Bref, au final cela donne quelque-chose qui n’est pas complètement un navet mais qui ne sera certainement pas le sommet de son art. Personnellement, en dehors de deux ou trois scènes qui sentaient bon la spontanéité, je n’ai rien trouvé qui permette de dire que l’interprétation du trio Bonnaire, Halliday, Mitchell soit remarquable. Ce n’est pas en ajoutant par-dessus tout ceci une vision écolo, pas plus qu’un ou deux rebondissements tirés par les cheveux, que le compte y est. Cela sent le film alimentaire ou de complaisance où personne ne se sent véritablement impliqué. Plus d’information sur Allociné.
  • Deux jours une nuitDeux jours une nuit. 😀 Dans une ville de Belgique, sinistrée par la crise économique, Sandra et son mari Manu peinent à faire vivre correctement leur foyer. Sandra travaille dans une petite entreprise dont le Directeur a décidé de réduire sa masse salariale au travers d’un chantage inédit. Il propose de licencier Sandra (laquelle est considérée comme moins fiable depuis une sévère dépression) sauf si l’ensemble du personnel accepte de perdre sa prime de fin d’année de 1000 €. Lors d’une première réunion, le personnel, pris de court, a voté pour ne pas renoncer à la prime, mais sans bien réaliser que cela impliquait le licenciement de leur collègue. Après négociation, le Directeur accepte une nouvelle réunion lundi matin. Sandra n’a donc plus que 48 heures durant le week-end pour faire le tour de tous ses collègues afin de les convaincre pour qu’elle ne soit pas licenciée. Les premiers contacts ne sont pas très encourageants. Dignes héritiers de Ken Loach et pourfendeurs des pratiques inavouables d’un certain patronat sans état d’âme, les frères Dardenne nous plongent dans un mélodrame social effrayant. On ne peut s’empêcher, le souffle court, de suivre avec angoisse le parcours terrible de Sandra (assistée de Manu) pour tenter de rallier les ouvriers à sa cause. On comprend sa détresse mais on comprend également les situations de ses collègues qui, en dépit d’une certaine empathie, ne peuvent pas tirer un trait sur leur prime dont ils ont déjà souvent hypothéqué le montant dans des opérations de première urgence. C’est du bon et grand cinéma social, dans la veine de « Rosetta » (voir plus loin), que les Dardenne nous proposent. La technique de tournage qui leur est coutumière, caméra sur l’épaule, ne fait qu’accentuer l’ambiance fébrile. Pour finir, Marion Cotillard est parfaite dans le rôle de Sandra, loin des rôles glamour et sans pathos excessif. A ses côtés, des acteurs inconnus, criants de vérité, et deux acteurs fétiches des réalisateurs Frabrizio Rongione dans le rôle de Manu et Olivier Gourmet dans une petite apparition en chef d’équipe. Plus d’information sur Allociné.
  • La chambre bleueLa chambre bleue. 😀 Julien (Mathieu Amalric) mène une vie de bourgeois fortuné dans une petite localité des bords de Loire, sa vie s’écoule entre l’entreprise qu’il dirige, sa belle maison à l’écart du village, sa femme Delphine (Léa Drucker) et sa fille qu’il adore. Toutefois ce bel ordre des choses est pimenté par une passion dévorante et sensuelle qu’il entretient avec Esther (Stéphanie Cléau) l’épouse du pharmacien. Ce dernier souffre d’une maladie incurable qui ne lui laisse que peu de temps à vivre. Ainsi, de rendez-vous en rendez-vous dans la fameuse chambre bleue d’un hôtel des environs, la vie des deux amants se déroule discrètement mais avec une passion de plus en plus dévorante jusqu’à cette phrase d’Esther : « Dis- moi Julien, si je devenais libre,  tu te rendrais libre aussi ? ». Après le décès a priori naturel du pharmacien, Esther est soupçonnée de non-assistance. Un peu plus tard c’est au tour de Delphine de succomber à un empoisonnement qui pourrait passer pour accidentel. Le juge d’instruction chargé de l’affaire est persuadé qu’il a devant lui un couple d’amants diaboliques mais, où sont les preuves ? y-a-t-il eu véritablement crime ? et si oui comment Esther et Julien s’y sont-ils pris ? Avec cette adaptation fidèle d’un roman de Georges Simenon, Mathieu Amalric fait un joli coup de cinéma. Cela pourrait-être du Chabrol, moitié policier, moitié satire sociale. On se laisse prendre par ce film mais c’est surtout après que l’on continue à s’interroger, comme si nous avions laissé passer quelque-chose. Dans le rôle de Julien, Amalric, avec sa manière inimitable de jouer, est tour à tour machiavélique, émouvant, pathétique. Plus d’information sur Allociné.
  • RosettaRosetta. 🙂 Rosetta a 17 ans et la rage au cœur de survivre en cherchant sans cesse un travail, quel qu’il soit, pourvu qu’il lui permette de sortir de la pauvreté dans laquelle elle vit. Quasi-exclue de la société, elle habite à l’écart de la ville dans un camping miteux, avec sa mère dont l’essentiel du temps consiste à coucher avec qui se trouve là pourvu qu’elle puisse en tirer suffisamment pour boire. Du travail, Rosetta en trouve ici et là mais jamais de manière stable. Bien souvent elle doit partir à nouveau à la recherche d’un autre job, soit parce qu’on a plus besoin d’elle, soit parce qu’on a préféré quelqu’un d’autre. Dans sa quête elle croise un jour Riquet, un garçon qui travaille pour le même patron qu’elle et qui est prêt à lui venir en aide. Elle a confiance en lui mais hélas Riquet a un emploi stable tandis qu’elle apprend qu’elle doit à nouveau partir. Ce film des frères Dardenne n’est pas l’un des plus faciles d’accès. D’une part il ne raconte pas une histoire a proprement parlé mais se concentre uniquement sur un personnage, au point de nous faire entrer dans sa vie comme si nous étions dans un documentaire. D’autre part, la technique de tournage, sans cesse avec la caméra sur l’épaule, peut paraître déroutante dans la mesure où on se croirait presque à la place de l’héroïne.  Non, ce que révèle « Rosetta » c’est la psychologie de l’humain qui, à l’image de la nature animale, développe un instinct de survie dans lequel tout est possible, y compris la méchanceté. Ce film est très dur et même s’il a reçu la palme d’or à Cannes il y a 16 ans, on peut comprendre que le public n’ait pas eu le même enthousiasme. Il reste que le point d’orgue de « Rosetta » est le choix de l’actrice qui incarne le personnage central. Emilie Dequenne n’était pas une professionnelle mais ce film l’a révélée et depuis elle a crevé l’écran plus d’une fois. En particulier je l’avais trouvée formidable dans « A perdre la raison ». Plus d’information sur Allociné.
  • Le dernier diamantLe dernier diamant. 😐 Le « Florentin » est l’un des plus gros et des plus mythiques diamants connus. Il est en possession de la famille De Neuville, de riches diamantaires belges. Madame De Neuville ayant été trouvée morte dans sa voiture, vraisemblablement à la suite d’une erreur de dosage de son médicament, c’est sa fille Julia qui va reprendre le flambeau, et en particulier procéder à la vente du précieux diamant. A Paris, Simon est en conditionnelle et il « bricole » un peu tout ce qu’il trouve sous l’influence d’Albert, un vieil homme rusé dont l’essentiel consiste à monter des coups plus ou moins foireux. Cette fois-ci, Albert tient l’affaire du siècle consistant à dérober le fameux diamant. Pour cela il ne trouve rien de mieux que de mettre Simon sur le coup. Grace à de nombreux subterfuges, ce dernier va tenter d’entrer en contact avec Julia, et il va y réussir en prétendant être le conseiller en sécurité que sa mère avait embauché car elle ne faisait pas une totale confiance aux responsables officiels de la vente. La suite va être un enchevêtrement de quiproquos et de situations cocasses sans oublier l’inévitable petite histoire d’amour. Ce film d’Eric Barbier dont j’avais apprécié « Le Serpent » n’est certainement pas une oeuvre incontournable, loin de là. Toutefois il s’agit d’un film distrayant qui permet de se détendre sans se faire de nœuds au cerveau. Il faut dire que, si le scénario ne casse pas 4 pattes à un canard, le film doit beaucoup aux acteurs et en particulier à Yvan Attal dans le rôle de Simon et Bérénice Bejo dans le rôle de Julia, sans oublier l’inénarrable Jean-François Stévenin ou encore Jacques Spiesser. Plus d’information sur Allociné.
  • Au fil d'ArianeAu fil d’Ariane. 🙂 Ariane s’apprête à fêter ses cinquante ans. Elle a préparé le gâteau et tout ce qui convient pour célébrer ceci dignement avec son mari, ses enfants et ses amis. Hélas, heure après heure elle reçoit des appels téléphoniques sur son répondeur qui lui indiquent qu’elle va finir par se retrouver seule. Son mari est en déplacement professionnel, ses enfants ont d’autres contraintes, ses amis de même. Ariane décide alors de partir seule à l’aventure. Son petit « road movie » dans les quartiers périphériques de Marseille va l’amener à croiser tout un petit peuple de personnages, tous plus atypiques les uns que les autres. Elle va ainsi rapidement sympathiser avec eux et s’intégrer dans cette petite communauté de l’Estaque. Ce film de Robert Guédiguian qu’il qualifie lui-même de « fantaisie » est une sorte de conte, un peu surréaliste, une sorte d’Alice au pays des merveilles où Ariane Ascaride évolue en découvrant, pas à pas, l’humanité de ces gens simples et attachants qu’elle n’aura de cesse de vouloir comprendre et aider. Cela tranche vraiment avec la production habituelle de Guédiguian tout en restant malgré tout dans cet univers affectueux de sa petite bande dans laquelle on retrouve encore et toujours Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Desmoutiers, Jacques Boudet et encore quelques autres. A noter qu’il faut voir ce film jusqu’au bout et ne pas se laisser rebuter par un début où on a l’impression qu’il ne va rien se passer. C’est à la fin que l’on apprécie. Plus d’information sur Allociné.
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